Placer son épargne dans des fermes plutôt que dans des bureaux ou des entrepôts, c’est le pari de FEVE. Derrière ce nom, Fermes En ViE, se trouve une entreprise de l’économie sociale et solidaire qui mobilise l’épargne des particuliers pour racheter des exploitations agricoles et y installer une nouvelle génération d’agriculteurs. C’est en ça que Feve est devenu une solution incontournable de la finance durable et responsable.

Le principe

La foncière acquiert des terres et des bâtiments d’exploitation grâce aux fonds collectés, puis les loue à des porteurs de projet dans le cadre d’un bail rural environnemental, assorti d’une option d’achat. Autrement dit, l’agriculteur démarre son activité sans supporter le poids de l’endettement foncier, qui constitue souvent le premier motif de refus bancaire à l’installation. Lorsque l’exploitation est consolidée, il peut racheter la ferme.

Chaque exploitation financée s’engage sur une charte agroécologique dont le socle est l’agriculture biologique, complétée par un travail minimal des sols et une diversification des productions comme des débouchés. L’enjeu dépasse la seule question environnementale : une large part des agriculteurs en activité partira à la retraite dans les prochaines années, et sans repreneur, ce sont des fermes entières qui disparaissent.

Pourquoi Les Fèves 2

FEVE gère deux véhicules. La SCA Les Fèves s’adresse aux investisseurs qui ne recherchent pas d’avantage fiscal. La SCA Les Fèves 2, agréée Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS), ouvre droit à la réduction d’impôt sur le revenu prévue pour les entreprises solidaires. C’est ce second véhicule qui intéresse la majorité des épargnants imposables.

Ce que détient l’investisseur

La souscription porte sur des actions d’une société en commandite par actions à capital variable, accessible dès 500 euros. Ces actions ne versent pas de dividendes. La performance repose sur la revalorisation de l’action, adossée à un actif tangible, le foncier agricole, dont les prix évoluent de façon beaucoup moins heurtée que ceux de l’immobilier résidentiel. Concrètement, le couple rendement-risque se lit en deux temps : une réduction d’impôt immédiate, puis une valorisation lente du patrimoine sous-jacent.

La fiscalité

La réduction d’impôt s’applique au montant investi, dans la limite de 50 000 euros pour une personne seule et de 100 000 euros pour un couple, et reste soumise au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 euros par an. En contrepartie, les actions doivent être conservées au moins sept ans en cas de retrait, cinq ans en cas de cession. Le taux de la réduction est fixé par décret et peut varier d’une année à l’autre. Les actions bénéficient par ailleurs d’une exonération d’impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Prenons un exemple. Un couple souscrit 5 000 euros d’actions Les Fèves 2 au cours de l’année. Avec un taux de réduction de 25 %, il obtient 1 250 euros de réduction d’impôt sur l’impôt dû au titre de cette même année, imputée lors de sa déclaration de revenus au printemps suivant. Son effort d’épargne réel est donc de 3 750 euros pour 5 000 euros investis. Autrement dit, l’avantage fiscal agit comme une décote à l’entrée, à condition de conserver les titres sur la durée requise. À noter que le plafond des niches fiscales limite l’intérêt de l’opération au-delà de 40 000 euros investis dans l’année, montant qui génère à lui seul les 10 000 euros de réduction autorisés.

Risques et horizon

Comme tout investissement en capital, la souscription comporte un risque de perte en capital. La liquidité n’est pas garantie et peut être partielle, voire impossible sur certaines périodes. L’horizon recommandé est d’au moins huit ans. Ce placement s’envisage donc comme une poche de diversification de long terme, jamais comme une épargne de précaution.

FEVE en quelques repères

Depuis sa création en 2021, FEVE a réuni plus de 4 000 investisseurs particuliers et financé une soixantaine de fermes, permettant l’installation de près de 90 agriculteurs sur plus de 4 000 hectares convertis à sa charte. La Banque des Territoires, plusieurs fonds solidaires et des investisseurs institutionnels ont également rejoint le capital. La foncière est labellisée Finansol.