Le crédit immobilier retrouve des couleurs en 2025, porté par une baisse progressive des taux d’intérêt et une réouverture progressive de l’accès au financement. Si cette reprise se manifeste avant tout pour l’achat de maison ou d’appartement, elle touche aussi des formes d’investissement moins traditionnelles. Parmi elles, l’achat de parts de SCPI à crédit attire de nouveau l’attention des particuliers. Cette stratégie permet de combiner effet de levier et revenus réguliers, dans un cadre plus accessible qu’un achat immobilier en direct. Les banques, qui avaient fortement restreint ce type de financement en 2023 et 2024, reviennent progressivement sur le marché avec des offres adaptées, notamment pour les profils patrimoniaux. Cette dynamique illustre une tendance de fond : le retour de la confiance dans la pierre, sous toutes ses formes, dopée par des taux en repli et une volonté de se constituer des revenus complémentaires dans un contexte économique incertain.
Pour aller plus loin sur l’investissement SCPI, consulter notre page dédiée aux meilleures SCPI du marché.
Une reprise progressive, mais significative
Après des mois de repli marqué, le crédit immobilier en France retrouve des couleurs. En mars 2025, la production de nouveaux prêts hors renégociation a atteint 12 milliards d’euros, selon les données récentes de la Banque de France. Ce chiffre marque un net rebond par rapport à mars 2024, où le montant des crédits n’avait atteint que 7 milliards d’euros, pénalisé par des taux historiquement hauts. En un an, l’augmentation est spectaculaire : +71 % sur un mois comparable, traduisant une reprise bien amorcée, même si elle reste encore en retrait par rapport aux standards d’avant-crise.
Ce rebond n’est pas totalement inattendu. Depuis le début de l’année, les signaux de reprise se sont multipliés. Janvier 2025 affichait déjà 9,9 milliards d’euros de crédits distribués, suivi de 10,8 milliards en février. Mars vient donc confirmer une dynamique enclenchée dès les premières semaines de l’année. À 12 milliards d’euros, le niveau atteint en mars égale presque celui de décembre 2024, considéré comme le meilleur mois de l’année précédente. Cette évolution, bien qu’encourageante, intervient dans un contexte encore marqué par l’incertitude économique, des taux d’intérêt relativement élevés et une demande fragilisée.

Construisons ensemble votre stratégie d’investissement
Des taux en léger repli, des conditions qui s’assouplissent
Le redémarrage de la production de crédits s’explique en partie par la détente progressive des taux d’intérêt. Selon la Banque de France, le taux moyen des prêts immobiliers hors renégociation s’élevait à 3,20 % en mars 2025, contre 3,27 % un mois plus tôt. Cette baisse, bien que modeste, envoie un signal positif au marché. Tous frais inclus, le taux effectif global (TEG) sur vingt ans ou plus reste toutefois proche de 4 %, ce qui représente encore un coût significatif pour les emprunteurs. Pour un crédit de 100 000 euros sur vingt ans, il faut ainsi compter près de 45 000 euros d’intérêts cumulés.
Les banques semblent néanmoins plus enclines à accorder des prêts qu’en 2024. Et cela se fait ressentir aussi sur le marché des SCPI. En effet, l’achat de parts de SCPI à crédit retrouve de l’intérêt et l’effet de levier redevient attractif sur ces produits de placement en immobilier. Plusieurs courtiers font état d’un assouplissement des critères d’octroi, en particulier pour les emprunteurs présentant un bon profil. Certaines banques, notamment régionales, ont même engagé des campagnes commerciales agressives pour regagner des parts de marché.
Cependant, les conditions restent exigeantes pour une partie de la population. L’effort d’apport personnel reste élevé, tout comme le niveau des mensualités, en raison des prix immobiliers qui, malgré de légères baisses constatées dans certaines grandes villes, restent globalement élevés. Le pouvoir d’achat immobilier des ménages, bien que stabilisé, demeure contraint par un contexte économique incertain, marqué par une inflation persistante et une croissance molle.
Recevoir nos guides pour investir et faire les bons choix
Nos guides thématiques (SCPI, assurance-vie, PER, private equity…) reprennent l'essentiel avant de décider : fiscalité, frais, points de vigilance.
Une reprise encore en deçà des niveaux d’avant-crise
Malgré la progression impressionnante constatée sur un an, la production de crédit immobilier reste inférieure de 25 % à la moyenne des années 2016 à 2019. Ces années-là constituaient une période particulièrement favorable, marquée par des taux historiquement bas, une forte demande et un environnement économique plus stable. Aujourd’hui, le marché se redresse, mais à un rythme plus lent et dans un contexte plus complexe.
Les données de l’observatoire Crédit Logement/CSA pour le mois d’avril indiquent que les intentions d’achat restent encore faibles, notamment dans les segments de primo-accédants et d’investisseurs locatifs. Les banques, de leur côté, demeurent prudentes dans l’analyse des dossiers, en particulier face aux profils perçus comme plus risqués ou instables. Ce climat de vigilance explique pourquoi, malgré la reprise en volume, la dynamique reste fragile.
Les professionnels du secteur s’accordent néanmoins sur le fait que le plus dur semble passé. La stabilisation des taux, la volonté politique de soutenir l’accession à la propriété et les ajustements de prix dans certaines zones devraient continuer à alimenter le redressement progressif du marché. Il ne s’agit pas d’un retour à l’euphorie des années passées, mais d’une reconstruction lente et prudente d’un marché plus équilibré.
Perspectives : vers un retour durable de la confiance ?
Les mois à venir seront décisifs pour confirmer ou non la reprise observée depuis le début de l’année. La politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui pourrait envisager de nouvelles baisses de taux dans le courant de l’année, reste un facteur clé pour le marché du crédit. Si les conditions de financement continuent de s’améliorer, cela pourrait encourager davantage de ménages à franchir le pas de l’achat.
Du côté des établissements bancaires, les premiers barèmes de mai montrent une tendance à la stabilisation, voire à la baisse, dans certaines enseignes. Ce signal renforce l’optimisme des courtiers, qui y voient une volonté des banques de relancer leur activité de financement. Toutefois, l’accès au crédit restera conditionné à la solidité financière des emprunteurs, à leur stabilité professionnelle et à leur capacité d’apport.
Sur le front des prix, les ajustements restent très localisés. Certaines grandes villes comme Lyon, Bordeaux ou Paris ont enregistré des baisses significatives, tandis que d’autres marchés demeurent haussiers ou stagnants. Cette hétérogénéité complique encore l’analyse pour les ménages, qui doivent arbitrer entre la baisse des taux et la résistance des prix dans leur zone de recherche.
Enfin, la demande reste sensible aux signaux économiques et politiques. Toute dégradation de la conjoncture, nouvelle hausse du chômage ou instabilité fiscale pourrait venir freiner la reprise. En revanche, un climat plus stable et des politiques publiques favorables à l’accession pourraient accélérer le mouvement.