Comprendre le DVM : définition et méthode de calcul

Longtemps utilisé comme principal indicateur de performance des SCPI, le DVM, ou Distribution sur Valeur de Marché, permettait de mesurer le revenu locatif versé par une SCPI rapporté au prix moyen de part sur l’année. Cet indicateur avait pour objectif de fournir un repère simple pour les épargnants souhaitant comparer les rendements entre différentes sociétés civiles de placement immobilier.

Mais depuis 2022, l’ASPIM a décidé de faire évoluer la présentation réglementaire en introduisant un nouveau ratio : le taux de distribution. Ce dernier reprend l’esprit du DVM mais repose sur une méthode de calcul plus normée, visant à améliorer la transparence et la comparabilité entre les véhicules.

Pour autant, parmi les indicateurs de mesure de performance des SCPI la notion de DVM reste encore utilisée par certaines sociétés de gestion dans leur communication commerciale en plus du taux de distribution. Il demeure un réflexe d’analyse incontournable pour estimer la capacité d’une SCPI à générer des revenus.

Ce guide vous propose d’analyser en profondeur ce taux, d’en comprendre le calcul, les facteurs qui l’influencent, ses limites et ses interactions avec d’autres indicateurs comme le TRI ou le taux de distribution.

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Pour bien investir en SCPI, beaucoup de variables sont à prendre en compte. Et pourtant, la plupart des investisseurs passent à côté des bons indicateurs.

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Comprendre le DVM : définition et méthode de calcul

Le DVM (Distribution sur Valeur de Marché) d’une SCPI correspond au rapport entre le dividende brut versé sur une année et le prix moyen acquéreur constaté en début d’année sur le marché secondaire. Ce taux permet d’apprécier le rendement immédiat d’une SCPI, indépendamment de la valeur d’origine des parts.

Formule : DVM = (Dividendes bruts versés sur l’année / Prix moyen de part au 1er janvier de l’année) x 100

Ce calcul vous donne un taux exprimé en pourcentage, qui permet de comparer facilement différentes SCPI, même si leurs prix de souscription ou leur ancienneté diffèrent. Il est important de noter que le DVM est un indicateur publié annuellement par les sociétés de gestion, et vérifié par l’AMF.

Par exemple, une SCPI qui a versé 10 € de dividendes sur une part dont le prix moyen était de 200 € au cours de l’année affiche un DVM de 5 %. Ce taux est donc un reflet de la performance locative rapportée à la valeur de la part moyenne au cours de l’année.

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Les variables qui influencent le DVM

Le montant des dividendes perçus constitue bien entendu la variable centrale du DVM. Une bonne gestion locative, un taux d’occupation élevé et des locataires solvables permettent généralement une meilleure capacité de distribution.

Mais le prix de la part joue également un rôle important. Si le prix des parts baisse, un dividende stable générera un DVM plus élevé. À l’inverse, une hausse du prix d’acquisition viendra mécaniquement baisser le DVM, même si la distribution reste identique. Il faut donc analyser l’évolution des prix sur plusieurs années pour prendre du recul sur la performance réelle.

La politique de distribution varie aussi selon les SCPI : certaines privilégient une distribution élevée immédiate, tandis que d’autres préfèrent lisser les revenus dans le temps pour sécuriser les résultats futurs.

Différences entre DVM, TD et TRI : ne pas tout confondre

La performance d’une SCPI ne se résume pas à un seul chiffre. Plusieurs indicateurs coexistent, chacun répondant à une logique et une temporalité spécifiques. Le DVM – Distribution sur Valeur de Marché – désignait historiquement le ratio entre les revenus distribués sur une année et le prix moyen de souscription d’une part. Il donnait une photographie annuelle du rendement locatif, sans tenir compte de la valorisation du patrimoine. Depuis 2022, cet indicateur a été remplacé par le taux de distribution, désormais encadré par une définition plus précise fournie par l’AMF. Ce dernier s’appuie sur les revenus distribués bruts (avant fiscalité) rapportés au prix de souscription au 1er janvier de l’année concernée.

En parallèle, le TRI (Taux de Rentabilité Interne) mesure la performance globale d’un investissement sur plusieurs années, en intégrant à la fois les revenus perçus et l’évolution du prix de part. Il reflète ainsi la rentabilité réelle d’un investisseur ayant conservé ses parts sur une période donnée, généralement entre 5 et 10 ans. C’est un indicateur plus complet, mais aussi plus complexe, car il dépend des dates d’entrée et de sortie, et de la stabilité des flux distribués.

Enfin, le rendement global immobilier fait référence à la performance intrinsèque des actifs détenus par la SCPI. Il inclut les loyers encaissés, la valorisation du patrimoine et les éventuelles plus-values réalisées lors de cessions d’immeubles. Ce rendement, souvent utilisé par les gérants, donne une vision économique de la performance immobilière, mais il ne correspond pas forcément à ce qui est distribué aux porteurs de parts.

Ce que la DVM ne dit pas

Si la DVM, ou désormais le taux de distribution, reste un indicateur clé dans l’univers des SCPI, il est loin d’être suffisant pour évaluer la performance globale d’un placement. Son principal biais réside dans sa nature partielle : il se concentre exclusivement sur les revenus distribués sur une année, sans prendre en compte la valorisation du capital. Autrement dit, une SCPI peut afficher un taux de distribution attractif tout en enregistrant une baisse progressive de la valeur de ses parts. À l’inverse, une autre peut distribuer moins mais offrir une appréciation du capital sur le long terme, améliorant ainsi le rendement global de l’investissement.

Enfin, le taux de distribution ne dit rien sur la qualité réelle du portefeuille immobilier. Il ne reflète ni le taux d’occupation financier (TOF), ni le niveau de report à nouveau disponible, cette réserve de revenus non distribués qui peut sécuriser les distributions futures en période de vacance locative. Il ne donne pas non plus d’indication sur la répartition sectorielle et géographique des actifs détenus, ni sur la durée moyenne des baux, pourtant essentielle pour juger de la stabilité des revenus.

Pour toutes ces raisons, il est essentiel de ne pas se contenter d’un bon taux de distribution en apparence. Une lecture complète et nuancée du reporting annuel, couplée à une analyse des indicateurs de gestion, est indispensable pour juger de la solidité d’une SCPI et de la pertinence de son positionnement dans une stratégie patrimoniale.

Interpréter intelligemment la DVM dans sa stratégie

Le DVM comme le taux de distribution qui l’a remplacé en 2022 ne doit pas être analysé isolément. Un taux élevé peut refléter un bon rendement ou cacher une situation plus fragile, comme une baisse du prix de la part. Il est donc indispensable de croiser cet indicateur avec d’autres éléments comme l’évolution du prix de la part, le taux d’occupation, la qualité des locataires, la diversification sectorielle ou géographique.

Prenons deux SCPI : l’une affiche un DVM de 5 % mais investit majoritairement dans des commerces en régionavec une forte vacance ; l’autre affiche un DVM de 4,7 % mais détient un patrimoine diversifié en Europe, avec une excellente stabilité locative. La seconde peut s’avérer plus sécurisante à long terme.

Enfin, suivez l’évolution de la DVM d’une SCPI année après année : une tendance à la hausse peut signaler une dynamique positive, tandis qu’un recul doit inciter à l’analyse plus poussée. La régularité des dividendes distribués est un autre critère à intégrer à votre suivi.

Utilisez le DVM comme un repère, pas comme une vérité absolue

La Distribution sur Valeur de Marché est un indicateur intéressant pour évaluer la performance financière immédiate d’une SCPI. Facile à comprendre, directement relié à vos dividendes et à votre prix d’achat, il vous donne une lecture pertinente du rendement potentiel.

Mais comme tout indicateur, il doit être interprété dans un cadre global, aux côtés du TRI, du TD, du taux d’occupation financier et d’autres critères fondamentaux. Ne vous laissez pas séduire par un DVM élevé sans vérifier les raisons qui le justifient.

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