La SCIC Les 3 Colonnes ouvre une nouvelle offre au public de parts sociales destinée à financer le maintien à domicile de personnes âgées vulnérables. L’opération, lancée le 21 juillet 2026, porte sur un montant maximal de 40 millions d’euros.
Pour les particuliers, cette offre associe un objectif d’impact social à une réduction d’impôt sur le revenu de 25 %. La principale nouveauté de 2026 concerne la durée de conservation nécessaire : les parts doivent désormais être détenues jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant celle de la souscription, contre une durée plus longue lors des précédentes campagnes.
Cet investissement présente néanmoins des particularités importantes. Les parts ne versent aucun dividende, leur remboursement n’est pas garanti et le capital peut rester immobilisé au-delà de la période fiscale. L’avantage annoncé doit donc être analysé au regard des risques propres à une participation au capital d’une coopérative.

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Une offre de 40 millions d’euros ouverte jusqu’au 29 décembre 2026
L’offre porte sur l’émission d’un maximum de 800 000 parts sociales nouvelles, d’une valeur nominale de 50 euros chacune.
Le montant minimum de souscription est fixé à 2 000 euros, correspondant à 40 parts sociales. La période de souscription a débuté le 21 juillet et doit prendre fin le 29 décembre 2026 à 23 h 59.
| Caractéristique |
Offre 2026 |
| Montant maximal |
40 millions d’euros |
| Nombre maximal de parts |
800 000 |
| Valeur d’une part |
50 € |
| Souscription minimale |
2 000 € |
| Ouverture |
21 juillet 2026 |
| Clôture |
29 décembre 2026 |
| Réduction d’impôt potentielle |
25 % |
| Conservation fiscale |
Jusqu’au 31 décembre 2031 |
Le prospectus a été approuvé par l’Autorité des marchés financiers le 20 juillet 2026 sous le numéro 26-285. Cette approbation porte sur le caractère complet, compréhensible et cohérent des informations présentées. Elle ne constitue pas une recommandation d’investir ni une validation de la solidité financière du placement.
Le prospectus officiel de l’offre 26-285 et l’ensemble des documents réglementaires sont accessibles sur le site de la coopérative.
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Les 3 Colonnes : financer le maintien à domicile par le viager solidaire
Créée en 2013, Les 3 Colonnes est une société coopérative d’intérêt collectif, ou SCIC. Sa mission consiste à accompagner des personnes âgées vulnérables qui souhaitent continuer à vivre à leur domicile.
La coopérative acquiert leur logement dans le cadre d’une opération de viager solidaire. Le vendeur conserve son droit d’usage et d’habitation, tandis que la transaction lui apporte des ressources financières prenant la forme d’un bouquet et d’une rente viagère.
Le dispositif ne repose donc pas uniquement sur une opération immobilière. Il vise également à financer un accompagnement social, administratif et matériel favorisant le maintien à domicile.
Les fonds collectés dans le cadre de l’offre 2026 doivent notamment financer :
- les bouquets versés lors de l’acquisition des logements ;
- les rentes viagères dues aux bénéficiaires ;
- les frais d’acquisition des biens ;
- une partie des frais de fonctionnement de la coopérative.
Le prospectus indique qu’environ 10 % des capitaux mobilisés seront consacrés aux frais d’acquisition et environ 5 % aux frais de fonctionnement. Le solde contribuera principalement au financement des nouvelles opérations de viager solidaire.
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Une réduction d’impôt de 25 % pour les souscriptions éligibles
Les personnes physiques fiscalement domiciliées en France peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d’une réduction d’impôt égale à 25 % du montant de leur souscription.
Ce taux majoré, prévu pour les investissements éligibles dans certaines entreprises solidaires d’utilité sociale, a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2027 par la loi de finances pour 2026.
Pour une souscription de 10 000 euros réalisée en 2026, la réduction d’impôt théorique atteint donc 2 500 euros.
| Montant souscrit |
Réduction théorique de 25 % |
Coût net théorique après réduction |
| 2 000 € |
500 € |
1 500 € |
| 5 000 € |
1 250 € |
3 750 € |
| 10 000 € |
2 500 € |
7 500 € |
| 20 000 € |
5 000 € |
15 000 € |
| 40 000 € |
10 000 € |
30 000 € |
Ces exemples supposent que l’investisseur soit éligible au dispositif et qu’il dispose d’un impôt sur le revenu suffisant pour utiliser la réduction.
Il s’agit bien d’une réduction d’impôt et non d’un crédit d’impôt. Lorsque son montant dépasse l’impôt brut dû, la fraction non imputée n’est pas remboursée. Des mécanismes de report peuvent néanmoins s’appliquer dans certaines situations.
Pour connaître les autres solutions disponibles, il est possible de consulter notre analyse des stratégies de défiscalisation encore pertinentes en 2026.
Quels plafonds s’appliquent à la réduction d’impôt ?
Les versements éligibles sont retenus dans une limite annuelle de :
- 50 000 euros pour une personne célibataire, veuve ou divorcée ;
- 100 000 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à une imposition commune.
À 25 %, l’économie d’impôt théorique pourrait donc atteindre respectivement 12 500 ou 25 000 euros. Mais la réduction entre dans le plafonnement global des avantages fiscaux, fixé à 10 000 euros par foyer et par an.
Ces limites doivent également tenir compte des autres souscriptions réalisées durant la même année dans le cadre de dispositifs fiscaux comparables.
La fraction des versements dépassant les plafonds de 50 000 ou 100 000 euros peut, sous certaines conditions, être reportée sur les quatre années suivantes. Le traitement du dépassement du plafond global des niches fiscales doit également être vérifié en fonction de la situation du foyer.
Une étude préalable demeure donc nécessaire, en particulier pour les contribuables utilisant déjà des réductions d’impôt liées à l’emploi à domicile, à la garde d’enfants ou à d’autres investissements défiscalisants.
Une durée fiscale ramenée à cinq ans, mais pas un remboursement garanti à cinq ans
La réduction d’impôt est conditionnée à la conservation des parts jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant celle de la souscription.
Pour un investissement effectué en 2026, les parts doivent donc être conservées jusqu’au 31 décembre 2031. Une demande de retrait pourra ensuite être formulée à partir de 2032.
Cette évolution raccourcit la contrainte fiscale par rapport aux offres précédentes. Elle ne signifie toutefois pas que le capital sera automatiquement remboursé le 1er janvier 2032.
Le remboursement dépend notamment :
- d’une demande de retrait de l’associé ;
- de la situation financière de la coopérative ;
- de sa capacité à racheter les parts ;
- des règles statutaires applicables ;
- du volume global de demandes de retrait ;
- du respect de la réglementation sur le capital des coopératives.
La coopérative ne constitue pas de fonds de réserve spécifiquement destiné à rembourser les associés sortants. Le délai effectif peut donc être supérieur à la période minimale de conservation.
La présentation commerciale d’une « durée de placement de cinq ans » doit ainsi être comprise comme une durée fiscale minimale, et non comme une échéance contractuelle garantissant la récupération du capital.
Un TRI fiscal théorique, mais aucune rémunération versée
La communication commerciale évoque un taux de rentabilité interne fiscal pouvant atteindre environ 5,5 % par an. Cette indication doit être correctement interprétée.
Les parts sociales ne versent ni intérêt ni dividende. La coopérative a prévu de ne pas rémunérer le capital afin que les souscriptions puissent bénéficier du dispositif fiscal applicable aux entreprises solidaires.
Le TRI présenté provient donc principalement de la réduction d’impôt de 25 %, combinée à l’hypothèse d’un remboursement ultérieur des parts à leur valeur nominale.
Le prospectus donne l’exemple d’une souscription de 20 000 euros réalisée en 2026 :
- investissement initial : 20 000 euros ;
- réduction d’impôt théorique imputée en 2027 : 5 000 euros ;
- remboursement théorique au nominal le 1er janvier 2032 : 20 000 euros.
Selon la date exacte de souscription, le TRI fiscal théorique ressortirait entre environ 4,4 % et 5,5 % par an.
Ce calcul repose cependant sur plusieurs hypothèses :
- l’intégralité de la réduction d’impôt est obtenue et imputée rapidement ;
- toutes les conditions fiscales sont respectées ;
- les parts sont remboursées intégralement au nominal ;
- le remboursement intervient au début de l’année 2032 ;
- aucun coût supplémentaire n’est supporté par l’investisseur.
Si la réduction fiscale est partielle, différée ou remise en cause, le TRI sera inférieur. Il en sera de même si le remboursement est retardé, limité ou réalisé en dessous de la valeur nominale.
La réduction d’impôt ne constitue donc pas un revenu versé par Les 3 Colonnes. Le TRI ne doit pas être confondu avec le rendement d’une obligation, d’une SCPI ou d’un placement distribuant des revenus annuels.
Des parts souscrites sans frais directs pour l’investisseur
Aucun frais d’entrée, de conservation ou de remboursement n’est directement facturé aux souscripteurs.
L’offre supporte néanmoins des coûts financés par la coopérative et venant réduire le produit net de la collecte. Le prospectus les estime à environ 6,38 % des sommes collectées :
- 1,15 % pour Invest Securities, au titre du placement non garanti ;
- 5 % pour les partenaires régulés fournissant le conseil en investissement ;
- environ 0,23 % pour les conseils et autres intervenants.
La mention « zéro frais » signifie donc que l’investisseur ne paie pas directement de commission en plus de sa souscription. Elle ne signifie pas que la levée de fonds n’entraîne aucun coût pour la coopérative.
Quels sont les principaux risques ?
La souscription de parts sociales Les 3 Colonnes comporte un risque de perte partielle ou totale du capital. Elle doit être considérée comme un investissement non liquide et non comme un placement garanti.
Un risque d’illiquidité
Les parts ne sont pas cotées et ne peuvent pas être librement revendues sur un marché organisé. Leur cession est soumise à des règles d’agrément et leur remboursement dépend de la capacité de la coopérative.
Une absence de garantie du capital
Les parts sociales ne bénéficient ni de la garantie des dépôts, ni du mécanisme de garantie des titres. La coopérative ne garantit pas qu’elle disposera des ressources nécessaires pour rembourser les associés à leur demande.
Une absence de revenus et de plus-value
Les parts ne versent aucune rémunération. Leur valeur de remboursement ne peut pas dépasser leur valeur nominale de 50 euros, même si la valeur du patrimoine immobilier ou les réserves de la coopérative progressent.
Il n’existe donc pas de perspective de plus-value au-delà du nominal.
Un risque immobilier et viager
Le modèle économique dépend de la valeur de revente des logements, de la durée d’occupation, du montant des rentes et de l’évolution du marché immobilier. Une durée d’occupation supérieure aux hypothèses ou une baisse de la valeur des logements peut affecter l’équilibre financier.
Un risque fiscal
La réduction d’impôt peut être remise en cause si l’investisseur cède ou obtient le remboursement de ses parts avant le terme prévu, ou si les conditions réglementaires ne sont plus respectées.
Un rang de remboursement défavorable
La coopérative a également émis des obligations et des titres participatifs. En cas de procédure collective ou de liquidation, certains de ces titres peuvent bénéficier d’un rang de remboursement prioritaire par rapport aux parts sociales.
Enfin, l’associé n’a aucun droit sur l’éventuel boni de liquidation, qui doit être attribué à une autre structure coopérative ou à un organisme d’intérêt général.
À quel profil cette offre peut-elle correspondre ?
Les parts sociales Les 3 Colonnes peuvent intéresser un contribuable qui :
- souhaite réduire son impôt sur le revenu en 2026 ;
- dispose d’un impôt suffisamment élevé pour utiliser la réduction ;
- recherche un investissement à impact social ;
- accepte l’absence de revenus annuels ;
- peut immobiliser son capital pendant au moins cinq ans, probablement davantage ;
- accepte un risque de perte en capital ;
- conserve parallèlement une épargne disponible et un patrimoine suffisamment diversifié.
Cette solution ne doit pas constituer la totalité d’une allocation patrimoniale ou de défiscalisation. Son poids doit rester proportionné aux ressources, aux besoins de liquidité et à la capacité de l’investisseur à supporter une perte.
Elle s’inscrit plus largement dans l’univers de la finance durable et solidaire, où la recherche d’impact social s’accompagne de risques économiques et financiers spécifiques.
Ce qu’il faut retenir
L’offre 2026 des 3 Colonnes vise à collecter jusqu’à 40 millions d’euros pour financer de nouvelles opérations de viager solidaire. Accessible à partir de 2 000 euros, elle peut ouvrir droit à une réduction d’impôt de 25 % pour les souscripteurs remplissant les conditions du dispositif.
La durée fiscale de conservation a été ramenée à cinq ans : pour une souscription réalisée en 2026, les parts doivent être conservées jusqu’au 31 décembre 2031.
Cette échéance ne garantit toutefois pas un remboursement dès 2032. Les parts ne versent aucun revenu, ne peuvent pas être remboursées au-dessus de leur valeur nominale et présentent un risque d’illiquidité et de perte en capital.
Le TRI fiscal annoncé entre environ 4,4 % et 5,5 % repose sur l’obtention intégrale de la réduction d’impôt et sur un remboursement complet et rapide au nominal. Il s’agit d’une simulation et non d’un rendement garanti.
Avant de souscrire, il est donc indispensable d’étudier le prospectus, la situation financière de la coopérative, la fiscalité du foyer et la place de cet investissement dans l’ensemble du patrimoine.
Les parts sociales présentent un risque de perte partielle ou totale du capital. Leur remboursement et leur liquidité ne sont pas garantis. L’approbation du prospectus par l’AMF ne constitue pas un avis favorable sur l’investissement.