Pourquoi diversifier ses placements ?
La diversification repose sur une idée relativement simple : des investissements différents ne réagissent pas nécessairement de la même manière au même moment. Lorsque certains marchés traversent une période difficile, d’autres actifs peuvent connaître une évolution différente. L’AMF rappelle ainsi que la réduction du risque passe notamment par l’association de placements qui ne se comportent pas tous de la même façon face aux mêmes événements.
Cette approche ne garantit pas qu’une baisse d’un investissement sera systématiquement compensée par la hausse d’un autre. Lors d’une crise importante, plusieurs classes d’actifs peuvent baisser simultanément. La diversification vise plutôt à éviter qu’une seule entreprise, un seul secteur, un seul marché ou une seule classe d’actifs détermine l’évolution de l’ensemble du patrimoine.
Réduire le risque de concentration
Le premier objectif de la diversification est de limiter le risque de concentration. Détenir l’essentiel de son patrimoine dans les actions d’une seule entreprise expose directement l’investisseur aux difficultés éventuelles de cette société. La même logique s’applique à l’immobilier : posséder une part importante de son patrimoine dans quelques logements situés dans la même ville crée une concentration géographique et immobilière.
La diversification cherche donc à répartir le capital entre plusieurs sources de performance et de risque. L’AMF recommande d’ailleurs d’avoir une vision globale de son épargne pour apprécier correctement le niveau de diversification d’un patrimoine.
Cette approche est particulièrement importante pour les entrepreneurs et dirigeants qui détiennent déjà une part significative de leur patrimoine dans leur entreprise. Leur revenu professionnel et leur capital peuvent dépendre du même environnement économique. Diversifier progressivement leur patrimoine personnel permet alors d’éviter qu’une difficulté rencontrée par l’entreprise affecte simultanément une trop grande partie de leur situation financière.
Faire face à différents scénarios économiques
Les classes d’actifs sont sensibles à des facteurs différents : croissance économique, inflation, évolution des taux d’intérêt, bénéfices des entreprises, marché immobilier ou encore coût du financement. Leur comportement peut donc varier selon le contexte.
Les actions permettent par exemple de participer au développement des entreprises, mais leur valeur peut connaître des fluctuations importantes. Les obligations répondent à une autre logique, puisque l’investisseur prête des capitaux à un État ou une entreprise en contrepartie d’une rémunération déterminée selon les caractéristiques du titre. L’immobilier dépend pour sa part de facteurs comme les loyers, les taux d’intérêt, la localisation ou l’offre et la demande immobilières.
Construire une allocation comprenant plusieurs de ces moteurs économiques peut permettre au patrimoine de moins dépendre d’un scénario unique.
Diversification et rendement : ce qu’il faut réellement attendre
La diversification est parfois présentée comme une méthode permettant simultanément de diminuer les risques et d’augmenter les rendements. Cette formulation mérite d’être nuancée. Diversifier ne garantit ni une meilleure performance ni un rendement stable.
Son intérêt principal est de rechercher un équilibre plus cohérent entre risque et rendement. On rappelle que les placements n’évoluent pas tous de la même manière et n’offrent pas le même degré de disponibilité.
Une diversification excessive peut même diluer certaines performances ou entraîner des frais supplémentaires. La question n’est donc pas de détenir systématiquement toutes les classes d’actifs disponibles, mais de construire une allocation adaptée au profil de l’investisseur.
Comment diversifier son patrimoine ?
La diversification peut s’effectuer à plusieurs niveaux. Répartir son argent entre actions et immobilier constitue une première étape, mais elle n’est pas suffisante dans toutes les situations. Une diversification plus complète peut également porter sur les secteurs économiques, les pays, les devises, les styles de gestion, les durées de placement ou encore la liquidité des actifs.
Une politique d’allocation d’actifs consiste précisément à répartir le patrimoine entre différentes classes d’actifs afin de construire un portefeuille correspondant à un niveau de risque et à des objectifs déterminés.
Diversifier entre plusieurs classes d’actifs
La diversification la plus évidente consiste à répartir le patrimoine entre plusieurs grandes catégories d’investissements. Un portefeuille peut ainsi comprendre une épargne disponible, des obligations, des actions, de l’immobilier et éventuellement une poche consacrée à des actifs moins liquides comme le private equity ou les forêts.
Chaque classe d’actifs peut jouer un rôle différent. L’épargne sécurisée répond principalement à un besoin de disponibilité. Les actions peuvent être utilisées pour rechercher une croissance du capital sur un horizon long, au prix d’une volatilité plus importante. L’immobilier peut apporter une autre source d’exposition économique et potentiellement des revenus, tandis que les actifs non cotés peuvent compléter une allocation pour les investisseurs capables d’accepter une immobilisation plus longue du capital.
Cette diversification entre classes d’actifs constitue généralement une dimension plus importante que le simple fait de multiplier les produits financiers.
Diversifier au sein d’une même classe d’actifs
Posséder plusieurs actions ne signifie pas automatiquement disposer d’un portefeuille bien diversifié. Dix entreprises appartenant au même secteur ou dépendant toutes de la même économie peuvent réagir de manière similaire face à un choc.
La même logique concerne l’immobilier. Posséder trois appartements dans le même quartier diversifie le risque lié à chaque locataire, mais laisse l’investisseur fortement dépendant de l’évolution du même marché immobilier local.
La diversification doit donc être recherchée à l’intérieur même de chaque classe d’actifs. Les fonds et ETF peuvent faciliter cette démarche sur les marchés financiers en donnant accès, avec un seul support, à un ensemble parfois très large de titres. L’AMF cite notamment les fonds combinant différentes actions, obligations, zones géographiques et secteurs parmi les moyens de diversifier un investissement.
Diversifier les zones géographiques et les secteurs
La diversification géographique permet de ne pas dépendre uniquement de l’économie française ou européenne. Les grandes régions économiques ne connaissent pas nécessairement les mêmes cycles, et certaines entreprises réalisent par ailleurs leurs activités dans de nombreux pays.
Une diversification sectorielle permet de répartir les investissements entre différentes activités : technologie, industrie, santé, consommation, finance, énergie ou autres secteurs. Les entreprises ne sont pas exposées de la même manière aux évolutions économiques, réglementaires ou technologiques.
Il faut cependant regarder au-delà du siège social d’une entreprise ou de la domiciliation d’un fonds. Une entreprise française réalisant l’essentiel de son chiffre d’affaires dans le monde peut déjà fournir une exposition internationale. L’analyse doit donc porter sur la réalité économique des actifs détenus.
Diversifier les horizons et la liquidité des placements
Un patrimoine doit également être diversifié en matière de disponibilité. Immobiliser l’intégralité de son capital sur des investissements de dix ans peut poser problème lorsqu’une dépense imprévue apparaît. À l’inverse, conserver toute son épargne sur des supports immédiatement disponibles peut limiter les possibilités d’investissement à long terme.
L’investisseur peut donc organiser son patrimoine en plusieurs horizons. Une première poche répond aux besoins à court terme et à l’épargne de précaution. Une seconde peut financer des projets prévus dans quelques années. Une troisième peut être consacrée à des objectifs de long terme comme la retraite ou la transmission.
La liquidité fait ainsi pleinement partie de la diversification patrimoniale.
Quels placements utiliser pour diversifier son patrimoine ?
Il n’existe pas de placement universel permettant à lui seul de construire un patrimoine diversifié. La plupart des stratégies combinent plusieurs supports dont les caractéristiques se complètent.
Le choix dépend du capital disponible, du niveau de risque accepté, de l’horizon d’investissement et du patrimoine déjà constitué.
L’épargne disponible et les placements sécurisés
Avant d’investir à long terme, il est généralement utile de disposer d’une épargne de précaution suffisamment disponible. Cette réserve permet de financer des dépenses imprévues sans être contraint de vendre un investissement au mauvais moment. La Finance pour Tous souligne également l’intérêt de constituer cette épargne avant d’envisager une diversification de long terme.
Les livrets réglementés ou d’autres supports de trésorerie peuvent remplir cette fonction selon la situation. Leur rôle n’est pas nécessairement de produire la performance la plus élevée, mais d’apporter disponibilité et stabilité à une partie du patrimoine.
Cette poche sécurisée permet ensuite d’accepter plus sereinement des fluctuations sur les investissements destinés au long terme.
Les actions, fonds et ETF
Les actions permettent de devenir indirectement propriétaire d’une fraction du capital d’entreprises cotées. Sur un horizon suffisamment long, elles peuvent constituer une source de croissance du patrimoine, mais elles sont exposées aux fluctuations des marchés et présentent un risque de perte en capital.
Pour diversifier plus facilement cette exposition, l’investisseur peut utiliser des fonds ou des ETF investissant dans plusieurs dizaines, centaines voire davantage d’entreprises. Selon le support, cette diversification peut couvrir plusieurs secteurs et zones géographiques.
Il reste toutefois nécessaire d’examiner la composition réelle du portefeuille. Détenir cinq ETF suivant des indices très proches peut donner l’impression d’une forte diversification alors que les mêmes grandes entreprises sont présentes plusieurs fois.
Les obligations et fonds obligataires
Les obligations représentent une autre classe d’actifs. Lorsqu’il achète une obligation, l’investisseur finance généralement une entreprise ou un État pendant une période définie. Le rendement dépend notamment du niveau des taux, de la qualité de crédit de l’émetteur et de la durée du titre.
Les obligations peuvent compléter une exposition aux actions, mais elles ne sont pas sans risque. Leur valeur peut notamment évoluer avec les taux d’intérêt et la solvabilité de l’émetteur.
Les fonds obligataires permettent là encore de répartir l’investissement entre plusieurs émissions et émetteurs, ce qui peut réduire le risque spécifique lié à une seule obligation.
L’immobilier direct
L’immobilier constitue souvent une part importante du patrimoine des ménages, notamment à travers la résidence principale. Un investissement locatif peut compléter cette exposition en recherchant des revenus locatifs et une valorisation éventuelle à long terme.
L’immobilier direct présente toutefois plusieurs concentrations possibles : un bien précis, une ville, un marché locatif et parfois un seul locataire. Les frais de transaction sont également significatifs et la liquidité limitée.
Avant d’ajouter de l’immobilier à un portefeuille, il est donc essentiel d’évaluer l’exposition déjà existante. Pour une personne dont la résidence principale représente 70 % du patrimoine net, acheter un nouvel appartement locatif peut augmenter la concentration plutôt que la diversification.
Les SCPI et l’immobilier indirect
Les SCPI permettent d’investir dans un patrimoine immobilier géré collectivement. Selon leur stratégie, elles peuvent détenir plusieurs dizaines ou centaines d’immeubles répartis entre différents locataires, secteurs et pays.
Cette mutualisation permet de diversifier plus facilement le risque immobilier par rapport à la détention d’un seul logement. Elle apporte également une gestion déléguée. En contrepartie, les SCPI présentent des frais, un risque de perte en capital et une liquidité qui n’est pas garantie.
Détenir plusieurs SCPI ne suffit pas non plus automatiquement à diversifier. Si elles investissent toutes dans les mêmes catégories d’immeubles et les mêmes marchés, leurs patrimoines peuvent être fortement corrélés.
Le private equity et les actifs non cotés
Le capital-investissement, ou private equity, permet d’investir dans des entreprises qui ne sont pas cotées en Bourse. Cette classe d’actifs peut compléter un portefeuille principalement composé d’actions cotées, d’obligations et d’immobilier.
L’exposition peut être obtenue par l’intermédiaire de différents fonds investissant dans des entreprises à différents stades de leur développement. Certains sont spécialisés dans le capital-développement, la transmission d’entreprises, les infrastructures ou encore des stratégies de dette privée.
Ces investissements sont généralement moins liquides et peuvent immobiliser les capitaux pendant plusieurs années. Le risque de perte en capital peut être important. Ils doivent donc être considérés comme une poche de diversification de long terme, et non comme un substitut à l’épargne disponible.
Les GFI et les actifs forestiers
Les Groupements Forestiers d’Investissement (GFI) offrent une exposition indirecte à des forêts gérées par des professionnels. Ils permettent d’introduire dans un patrimoine une catégorie d’actifs réels dont les moteurs économiques sont différents de ceux de l’immobilier résidentiel ou des marchés actions.
La valeur d’un patrimoine forestier peut notamment dépendre du foncier, de l’exploitation du bois et de la qualité de la gestion sylvicole. L’investissement est également exposé aux risques naturels tels que les incendies, tempêtes, sécheresses ou problèmes sanitaires.
La forêt s’inscrit généralement dans un horizon long et la liquidité des parts peut être limitée. Un GFI peut donc constituer un outil de diversification dans certaines situations, mais il ne doit pas être considéré comme un placement sans risque.
L’or et les autres actifs de diversification
Certains investisseurs utilisent également l’or ou d’autres actifs réels pour compléter leur allocation. Leur comportement peut différer de celui des marchés financiers traditionnels, ce qui peut leur donner un rôle spécifique dans certains portefeuilles.
L’or présente toutefois une caractéristique importante : il ne produit pas lui-même de revenu. La performance dépend principalement de l’évolution de son prix entre l’achat et la revente.
Les placements dits atypiques, comme le vin, l’art ou certains objets de collection, peuvent également être présentés comme des outils de diversification. Ils nécessitent cependant une expertise particulière, peuvent être difficiles à valoriser et présentent souvent une faible liquidité. Leur place éventuelle doit donc rester proportionnée au patrimoine de l’investisseur.
Quelles enveloppes utiliser pour diversifier ses investissements ?
Il faut distinguer les placements détenus des enveloppes utilisées pour les accueillir. Une assurance-vie, un PEA ou un PER n’est pas une classe d’actifs : ce sont des cadres permettant, selon leurs règles, d’investir dans différents supports.
Cette distinction est essentielle. Posséder une assurance-vie, un PEA et un PER ne garantit pas un patrimoine diversifié si les trois enveloppes sont principalement investies sur les mêmes marchés actions.
L’assurance-vie
L’assurance-vie peut faciliter la diversification grâce à la variété des supports disponibles selon les contrats. Elle peut associer fonds en euros et unités de compte investies dans des actions, obligations, immobilier ou autres stratégies.
Elle permet ainsi de construire différentes allocations au sein d’une même enveloppe. Certains contrats proposent plusieurs centaines de supports, mais la quantité ne doit pas se substituer à la qualité de l’allocation.
La diversification doit toujours être analysée à partir des actifs réellement détenus derrière les unités de compte.
Le PEA et le compte-titres
Le PEA permet principalement de développer une exposition aux actions dans le cadre des titres et fonds éligibles au plan. Il peut être utilisé avec des fonds ou ETF permettant d’obtenir une diversification entre de nombreuses entreprises.
Le compte-titres offre un univers plus large et peut accueillir différentes actions, obligations, ETF, fonds et autres instruments financiers selon leur disponibilité.
L’un comme l’autre sont des enveloppes. La diversification dépend de la manière dont le capital y est réparti.
Le PER
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) peut accueillir différents supports d’investissement et participer à la diversification d’un patrimoine de long terme. Son objectif principal reste néanmoins la constitution d’une épargne destinée à la retraite.
La répartition entre supports peut évoluer progressivement avec l’âge, l’horizon de départ à la retraite et le niveau de risque accepté. L’épargne étant en principe destinée à un horizon long, le PER doit être analysé séparément des sommes qui doivent rester immédiatement disponibles.
Comment construire une allocation patrimoniale diversifiée ?
La bonne diversification n’est pas la même pour tous les investisseurs. Une personne de 35 ans qui dispose d’une épargne stable, d’un horizon de vingt ans et d’une capacité élevée à supporter les fluctuations n’a pas les mêmes besoins qu’un retraité qui prévoit d’utiliser progressivement son capital.
La construction du portefeuille commence donc par la situation personnelle et les objectifs, avant même de sélectionner les produits.
Partir de ses objectifs et de son horizon
Un patrimoine peut répondre simultanément à plusieurs projets : constituer une réserve de sécurité, acheter une résidence principale, préparer la retraite, générer des revenus complémentaires ou organiser une transmission.
Chaque objectif possède son propre horizon. L’argent nécessaire dans deux ans ne devrait pas être exposé de la même manière qu’un capital destiné à être conservé pendant vingt ans.
Cette approche permet d’organiser le patrimoine en différentes poches et d’attribuer à chacune un niveau de risque et une liquidité adaptés.
Déterminer son niveau de risque
La diversification ne dispense pas de définir le risque que l’investisseur peut et souhaite supporter. Une allocation composée de dizaines d’actions internationales peut être très diversifiée à l’intérieur de la classe actions tout en restant fortement exposée aux fluctuations des marchés boursiers.
L’AMF souligne ainsi que le choix des placements doit être mis en relation avec les objectifs de l’épargnant, sa situation et son profil de risque.
Il faut distinguer la capacité financière à supporter une perte de la tolérance psychologique aux fluctuations. Un investisseur peut disposer d’un horizon long tout en étant très mal à l’aise face à une baisse temporaire importante de son portefeuille.
Tenir compte du patrimoine déjà existant
La diversification doit être calculée sur le patrimoine global, et pas uniquement sur le dernier placement envisagé. Résidence principale, immobilier locatif, entreprise professionnelle, trésorerie, assurance-vie, PEA, PER et investissements non cotés doivent être réunis dans une même analyse.
Cette approche révèle parfois des concentrations qui passent inaperçues. Un dirigeant possédant son entreprise, les murs professionnels de celle-ci et plusieurs investissements immobiliers peut par exemple être très exposé simultanément à son activité professionnelle et à l’immobilier.
La prochaine décision d’investissement devrait alors être étudiée en fonction de cette situation existante plutôt que séparément.
Rééquilibrer ses investissements dans le temps
Une allocation initialement équilibrée peut progressivement se déformer. Si les actions progressent beaucoup plus rapidement que les autres actifs pendant plusieurs années, leur poids dans le patrimoine augmente mécaniquement et le niveau de risque peut devenir supérieur à celui initialement souhaité.
Le rééquilibrage consiste à vérifier périodiquement la répartition du patrimoine et, lorsque cela est pertinent, à réallouer une partie des capitaux. Cette opération peut être réalisée à l’aide de nouveaux versements ou d’arbitrages.
Il n’est pas nécessaire de modifier constamment son portefeuille. Une diversification patrimoniale s’inscrit généralement dans une logique de long terme et doit éviter les réactions excessives aux fluctuations de court terme.
Les erreurs à éviter lorsqu’on diversifie ses placements
La diversification paraît simple en théorie, mais certaines erreurs peuvent donner une impression de sécurité sans réduire réellement les risques.
Le nombre de produits détenus est notamment un mauvais indicateur de diversification lorsqu’ils reposent tous sur les mêmes actifs.
Multiplier les produits sans diversifier les risques
Posséder quatre assurances-vie contenant les mêmes fonds actions internationales ne constitue pas une véritable diversification économique. Le même problème apparaît lorsqu’un investisseur détient plusieurs ETF dont les indices sont fortement similaires ou plusieurs SCPI positionnées sur les mêmes segments immobiliers.
Pour mesurer la diversification, il faut regarder ce qui se trouve réellement derrière chaque placement : entreprises, immeubles, obligations, secteurs, pays et facteurs de risque.
Un portefeuille relativement simple peut ainsi être mieux diversifié qu’un patrimoine composé d’une multitude de produits.
Être trop exposé à l’immobilier
L’immobilier occupe souvent une place importante dans le patrimoine français. La résidence principale peut déjà représenter une part considérable du capital avant même tout investissement locatif.
Ajouter plusieurs logements, des SCPI et éventuellement d’autres fonds immobiliers peut accentuer cette concentration. La diversification doit donc tenir compte de la valeur de la résidence principale et de tous les actifs immobiliers déjà détenus.
Investir dans plusieurs formes d’immobilier permet de répartir certains risques, mais ne constitue pas nécessairement une diversification entre classes d’actifs.
Confondre diversification et dispersion
Une diversification excessive peut rendre le patrimoine difficile à suivre, multiplier les frais et créer des doublons. Ouvrir de nombreux contrats ou sélectionner plusieurs dizaines de fonds ne produit pas nécessairement une allocation plus efficace.
Le principe consiste plutôt à identifier quelques sources de diversification réellement complémentaires. Une allocation lisible facilite également son suivi et son rééquilibrage dans le temps.
À retenir : la diversification ne se mesure pas au nombre de lignes dans un portefeuille, mais à la diversité réelle des risques et moteurs de performance auxquels le patrimoine est exposé.
Négliger la liquidité et l’épargne de précaution
Un patrimoine peut être très diversifié entre immobilier, private equity, forêts et autres actifs réels tout en présentant un défaut majeur : l’absence d’argent rapidement disponible.
Une diversification patrimoniale équilibrée doit donc intégrer la liquidité. L’épargne destinée aux dépenses imprévues ou aux projets proches ne doit pas nécessairement rechercher le même rendement que les investissements de long terme.
L’objectif est d’éviter d’avoir à vendre un placement risqué ou peu liquide à un moment défavorable simplement pour répondre à un besoin de trésorerie.