Épargne réglementée : près de 950 milliards d’euros d’encours, les Français épargnent-ils trop prudemment ?

Épargne réglementée : près de 950 milliards d’euros d’encours, les Français épargnent-ils trop prudemment ?

À la fin de l’année 2025, les Français détenaient 948 milliards d’euros sur leurs produits d’épargne réglementée. Malgré un léger recul de 0,9 % sur un an, cet encours demeure proche de son record historique et représente 14,4 % du patrimoine financier des ménages.

Ces chiffres confirment l’attachement des Français à la sécurité et à la disponibilité de leur épargne. Mais ils soulèvent également une question : une partie de ces capitaux pourrait-elle être investie à plus long terme pour rechercher davantage de rendement et mieux préserver le pouvoir d’achat ?

Les livrets réglementés restent indispensables pour financer les dépenses imprévues et les projets proches. Ils ne sont toutefois pas conçus pour développer significativement un capital sur plusieurs décennies. Une fois l’épargne de précaution constituée, il peut donc être pertinent de diversifier son épargne entre plusieurs classes d’actifs, selon son horizon, ses objectifs et sa tolérance au risque.

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948 milliards d’euros placés dans l’épargne réglementée

Le rapport annuel 2025 de la Banque de France dresse un constat impressionnant : l’encours total de l’épargne réglementée atteint 947,5 milliards d’euros à la fin de l’année.

Cette somme se répartit principalement de la manière suivante :

Produit Encours à fin 2025
Livret A 439,6 Md€
PEL 201,1 Md€
LDDS 164,9 Md€
LEP 83,7 Md€
Autres produits réglementés Environ 58 Md€
Total 947,5 Md€

Le Livret A représente à lui seul près de 440 milliards d’euros. Son encours est désormais une fois et demie supérieur à celui observé avant la pandémie, lorsqu’il atteignait 278 milliards d’euros à la fin de l’année 2019.

Le produit est détenu par 83 % des Français, ce qui en fait le placement le plus largement diffusé dans le pays. Le LEP enregistre également un record, avec 12,1 millions de comptes et près de 84 milliards d’euros d’encours.

Ces données sont issues du rapport annuel 2025 sur l’épargne réglementée de la Banque de France.

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Première possibilité : investir progressivement avec un PEA

Le PEA constitue une première solution pour réorienter une partie de l’épargne qui n’a pas vocation à être utilisée à court terme. Il permet d’investir dans des entreprises européennes, directement ou par l’intermédiaire de fonds et d’ETF éligibles.

Cette enveloppe ne présente pas les mêmes caractéristiques qu’un livret. La valeur des investissements fluctue et le capital n’est pas garanti. En contrepartie, les actions donnent accès au potentiel de croissance des entreprises et à la progression éventuelle de leurs bénéfices sur le long terme.

Après cinq années de détention, les gains retirés du PEA sont exonérés d’impôt sur le revenu, tout en restant soumis aux prélèvements sociaux.

L’investissement peut être mis en place progressivement, par exemple grâce à des versements mensuels. Cette méthode permet de ne pas investir la totalité du capital au même moment et de lisser les différents points d’entrée sur les marchés.

Le PEA s’adresse donc à une épargne dont l’horizon est suffisamment long pour accepter des périodes de baisse. Il ne remplace pas la réserve de sécurité conservée sur les livrets.

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Deuxième possibilité : répartir son capital avec l’assurance-vie

L’assurance-vie permet d’organiser une diversification plus progressive entre supports sécurisés et placements exposés aux marchés.

Selon le contrat, l’épargnant peut notamment répartir son capital entre :

  • un fonds en euros offrant une garantie du capital selon les conditions du contrat ;
  • des fonds obligataires ;
  • des fonds actions ;
  • des ETF ;
  • des supports immobiliers ;
  • des fonds diversifiés ou non cotés.

La part investie en unités de compte n’est pas garantie. Elle doit être adaptée à l’horizon de placement et à la capacité de l’épargnant à supporter des fluctuations.

L’assurance-vie permet également d’effectuer des arbitrages sans imposition immédiate des gains, de programmer des versements et d’organiser la transmission du capital grâce à la clause bénéficiaire.

Elle peut ainsi servir de passerelle entre l’épargne disponible et l’investissement de long terme. Un épargnant prudent peut conserver une poche importante sur le fonds en euros tout en introduisant progressivement des unités de compte présentant un potentiel de rendement supérieur.

Troisième possibilité : diversifier dans l’immobilier avec les SCPI

Les SCPI permettent d’investir indirectement dans un portefeuille d’immeubles géré par une société spécialisée.

Selon leur stratégie, elles peuvent détenir des bureaux, commerces, entrepôts logistiques, établissements de santé, hôtels ou locaux d’activité situés en France et dans différents pays européens.

Les revenus potentiels proviennent principalement des loyers encaissés. Leur niveau dépend notamment du taux d’occupation des immeubles, de la qualité des locataires, de la durée des baux et des frais supportés par la SCPI.

Contrairement aux livrets, les SCPI ne garantissent ni le capital, ni les revenus, ni la liquidité des parts. Leur valeur peut baisser et leur revente peut prendre du temps. Elles sont généralement envisagées sur un horizon long.

Elles permettent néanmoins d’accéder à l’immobilier sans avoir à acheter et à gérer directement un bien. La diversification entre plusieurs immeubles, locataires, secteurs et pays peut également réduire la dépendance à un seul actif immobilier, sans supprimer les risques.

Pourquoi les Français conservent-ils autant d’argent sur leurs livrets ?

Le succès de l’épargne réglementée ne relève pas uniquement d’une méconnaissance des autres placements. Il répond à plusieurs besoins très concrets.

Les livrets offrent :

  • une garantie du capital ;
  • une disponibilité permanente ;
  • une fiscalité avantageuse ;
  • une grande simplicité ;
  • une rémunération connue ;
  • l’absence de frais ;
  • une protection contre les dépenses imprévues.

Les crises successives ont également renforcé le besoin de sécurité. Entre la pandémie, l’inflation, les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés, de nombreux ménages ont préféré accumuler une épargne immédiatement accessible.

Le taux d’épargne des ménages français a ainsi atteint 17,9 % de leur revenu disponible en 2025. Le taux d’épargne financière s’est établi à 9 %, selon la Banque de France.

Cette prudence est compréhensible. Elle peut néanmoins devenir pénalisante lorsqu’une part trop importante du patrimoine demeure durablement investie sur des supports dont le potentiel de rendement est limité.

Tous les encours ne constituent pas une épargne « dormante »

Il serait toutefois incorrect de considérer l’intégralité des 948 milliards d’euros comme une somme inutilement immobilisée.

L’épargne réglementée joue un rôle majeur dans le financement de l’économie. Une partie des ressources collectées est centralisée par le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts. Elle contribue notamment au financement :

  • du logement social ;
  • de la politique de la ville ;
  • des collectivités territoriales ;
  • des petites et moyennes entreprises ;
  • de la transition écologique ;
  • de projets d’intérêt général.

À la fin de l’année 2025, l’encours des prêts du Fonds d’épargne atteignait 243 milliards d’euros, en progression de 11,5 % sur un an.

L’enjeu n’est donc pas de présenter les livrets comme inutiles. Leur utilité économique et patrimoniale est réelle. La question concerne davantage leur poids dans le patrimoine de chaque épargnant.

Épargne de précaution ou surépargne de précaution ?

Pour apprécier la pertinence d’un encours placé sur des livrets, il faut distinguer deux situations.

La première correspond à l’épargne de précaution. Elle couvre les dépenses imprévues, une perte temporaire de revenus ou un projet prévu dans les prochaines années. Sa disponibilité et sa sécurité sont prioritaires.

La seconde correspond à une épargne conservée sans objectif précis, parfois pendant dix, vingt ou trente ans. Dans cette situation, l’absence de risque apparent peut cacher un autre risque : celui de ne pas faire suffisamment progresser le capital pour compenser durablement l’inflation.

Le bon niveau de réserve dépend notamment :

  • des dépenses mensuelles du foyer ;
  • de la stabilité des revenus ;
  • du statut professionnel ;
  • des charges familiales ;
  • des crédits en cours ;
  • des projets à court terme.

Une réserve représentant entre trois et six mois de dépenses constitue souvent un premier repère. Elle pourra être plus importante pour un travailleur indépendant, un dirigeant ou un ménage dont les revenus sont irréguliers.

Le rendement nominal ne suffit pas à mesurer l’enrichissement

Un livret peut afficher un rendement positif tout en produisant une progression réelle très faible du pouvoir d’achat.

Avec une rémunération moyenne de 2,2 % pour l’épargne réglementée hors PEL en 2025, la protection contre l’inflation a été globalement assurée sur cette période. Mais cette situation varie au fil des cycles économiques.

Lorsque l’inflation dépasse la rémunération, le capital augmente en euros mais permet d’acheter moins de biens et de services. Lorsqu’elle est légèrement inférieure, le gain réel reste limité.

Sur plusieurs décennies, une stratégie patrimoniale ne peut donc pas reposer uniquement sur la recherche de sécurité nominale. Elle doit également prendre en compte la croissance réelle du capital, après inflation, fiscalité et frais.

Comment diversifier sans déséquilibrer son patrimoine ?

Diversifier son épargne ne signifie pas retirer brutalement l’ensemble de ses livrets pour investir sur des placements risqués.

La démarche peut être progressive :

  1. déterminer le montant nécessaire pour l’épargne de précaution ;
  2. identifier les projets à moins de trois ou cinq ans ;
  3. évaluer la durée pendant laquelle le solde peut rester investi ;
  4. répartir ce capital entre différentes classes d’actifs ;
  5. investir progressivement plutôt qu’en une seule fois ;
  6. réexaminer régulièrement l’allocation.

Une stratégie diversifiée peut combiner liquidités, fonds en euros, obligations, actions, immobilier et, pour les profils capables d’en accepter les risques, actifs non cotés.

Chaque composante répond à un objectif différent. Les livrets assurent la disponibilité, tandis que les placements de long terme cherchent davantage de rendement en contrepartie d’un risque de perte.

Ce qu’il faut retenir

Avec 948 milliards d’euros d’encours à la fin de l’année 2025, l’épargne réglementée occupe une place exceptionnelle dans le patrimoine financier des Français. Le Livret A représente à lui seul près de 440 milliards d’euros et reste détenu par 83 % de la population.

Cette épargne finance des besoins importants et constitue un socle de sécurité indispensable. Mais elle ne répond pas nécessairement aux objectifs de valorisation patrimoniale à long terme.

Une fois la réserve de précaution constituée, conserver une part excessive de son patrimoine sur des supports réglementés peut limiter son potentiel de croissance. Le PEA, l’assurance-vie et les SCPI offrent des solutions complémentaires pour diversifier progressivement son capital, en acceptant des niveaux de risque, de liquidité et de durée de placement différents.

Les investissements en actions, unités de compte et SCPI présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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Questions fréquentes

Questions Fréquentes

Quels sont les meilleurs placements pour investir en 2026 ?

Évidemment, vous vous doutez bien qu’il n’y a pas qu’une seule réponse à cette question. Il n’y a pas de “meilleurs placements en 2026” mais plutôt  “un ou plusieurs très bons placements en fonction de votre profil d’investisseur, de votre situation patrimoniale, de votre horizon et de vos objectifs d’investissement”. C’est pourquoi, c’est toujours très compliqué pour nous de répondre à cette question. Nous pouvons néanmoins vous donner quelques pistes de réflexions, à affiner avec un de nos experts : les SCPI et SCI de rendement, le Private Equity (financier ou immobilier), le Crowdfunding (startup, immobilier ou projets dans les énergies renouvelables), produits structurés ou encore les cryptomonnaies si vous êtes plus opportuniste.

Comment choisir et comparer les différentes SCPI ?

Quand on commence à faire des recherches sur comment investir en SCPI, on se rend vite compte qu’il y a beaucoup d’informations à digérer. Du coup, on arrive vite à se poser cette question : comment bien choisir et comparer les SCPI entres-elles ? Pas si simple quand on est non initié. Il faut tout d’abord s’intéresser aux gestionnaires et à leurs compétences. Ensuite comprendre où et comment les SCPI investissent dans l’immobilier et faire un rapprochement avec les tendances de marché (cycles immobiliers). Et enfin, analyser les indicateurs de performance : évolution du TOF, du dividende, des valeurs d’expertises, des réserves, des travaux etc.

Quelles sont les alternatives aux fonds en euro d’assurance-vie ?

L’assurance-vie reste un des placements préférés des français, et à juste titre puisque c’est l’enveloppe d’investissement la plus souple et la plus flexible sur le marché des placements. Depuis des décennies, ce produit de placement ne cesse d’évoluer pour offrir toujours plus d’alternatives aux fonds en euro dont les performances déçoivent depuis plusieurs années. Il existe des alternatives que l’on appellent communéments des unités de comptes : SCPI et SCI de rendement, produits structurés à capital protégé ou garantie, fonds obligataires datés, fonds de Private equity, opcvm, Trackers (ETF) etc…

A qui s’adressent les contrats d’assurance-vie de droit luxembourgeois ?

Le contrat d’assurance-vie de droit luxembourgeois offre à l’investisseur un cadre d’investissement privilégié : celui du Luxembourg. Le cadre juridique de ce pays offre une plus grande sécurité au capital en plaçant l’épargnant comme créancier prioritaire en cas de faillite  de la compagnie d’assurance et l’indemnisation de l’investisseur n’est pas plafonnée (contrairement à la France où le plafond est de 70 000 €). Ensuite, l’investisseur bénéficie de possibilités d’investissement plus large qu’en France et accède à des gestions financière de très haut de gamme.

Le Crowdfunding immobilier est-il le nouvel eldorado des investisseurs ?

C’est indéniable. Depuis plusieurs années le crowdfunding immobilier a pris une place très importante dans le panorama des placements attractifs en France. Avec plus de 9% de rendement annuel en moyenne, et une durée moyenne d’investissement inférieure à 2 ans, il présente de nombreux atouts. Pour autant, ce placement n’est pas dénué de risque, il faut être très sélectif sur les projets proposés sur les différentes plateformes du marché. Nos experts sont à vos côtés pour vous accompagner.

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